Induction, déduction, analogie, intuition

 

 

 

Nous vivons des expériences diverses, dans des cadres multiples. Et pourtant, elles peuvent répondre à certaines constantes communes. Ces mêmes constantes, à leur tour, peuvent découler d’un même principe. Etc. Prenons un exemple, comprenant quelques situations.

– Un enfant, un garçon par exemple, au sein du groupe que constitue sa classe, multiplie les attentions envers les autres, se fait disponible pour toute tâche collective, dans une exagération qui agace progressivement celles et ceux qui en sont bénéficiaires.
– Un autre enfant, une fille cette fois, du même groupe ou d’un groupe différent, peu importe, est la risée des autres, parce que souffrant d’énurésie, chose dévoilée par sa sœur aînée en cours de récré …
– Mme A. ne s’investit pas dans la relation amoureuse qu’elle entretient avec Mr B. depuis un certain nombre de semaines.
– Mr C. couve sa compagne de cadeaux, … mais la géolocalise en permanence grâce à un petit dispositif technologique …

La constante dans ces situations a trait à la place occupée, celle qui est attribuée par l’environnement, les proches, la partenaire sentimentale, etc.
Et dans les quatre situations, convenons pour résumer qu’il y a un souci. Dans les différentes situations, il semble y avoir une crainte, une remise en question, quant à la place dévolue; et cet état de pensée engendre un état émotionnel expliquant les différents comportements.

Dans cette manière de voir les choses, nous passons du multiple à l’un, du concret à l’abstrait, du factuel au causal. La cause est commune, les conséquences sont multiples en forme. Ce mouvement de la pensée utilisée notamment en astrologie s’appelle induction, nous le pratiquons constamment.
Elle demande l’art de la synthèse, l’art de discerner au milieu d’événements apparemment sans liens une même thématique, ou une réponse à une même cause.
Ce mouvement de la pensée pourrait se visualiser ou se dessiner comme vertical, de bas vers le haut, ascendant.

D’autre part, à partir d’une loi, d’une théorie donnée, d’une découverte, nous pouvons expérimenter cette théorie dans différents domaines, pour différentes applications, partant ainsi de l’unique, expérimentant le multiple par les différents champs d’application. La déduction est le mouvement contraire et complémentaire à l’induction. Il peut se symboliser aussi comme vertical mais descendant, cette fois. Ce double mouvement, nous le retrouvons constamment dans l’art astrologique.
Reprenons les quatre situations de l’exemple déjà pris.
La théorie pourrait s’énoncer à peu près comme ceci : lorsqu’une personne, enfant, adulte, peu importe, ne reçoit pas la place qui lui revient au sein d’un environnement, les conséquences se vivent tant sur plan émotionnel qu’au plan physique. Et ces conséquences influencent le comportement de différentes manières.
Le premier enfant tente de s’assurer une place au sein du groupe en multipliant les attentions, le second enfant vit cela plus intérieurement et … marque son territoire. Par hypothèse, et en bondissant dans le temps, l’enfant énurétique est devenu une personne adulte souffrant régulièrement de cystite, et l’autre enfant se dévoue, avec assez bien d’à propos, dans le social, sans connaître pour autant une certaine paix intérieure … Le vrai don de soi demande une paix intérieure préalable.
Gardons l’exemple de la cystite en mémoire, nous le réutiliserons dans quelques lignes pour l’analogie.
Mme A., persuadée de ne pas être dans la mesure de pouvoir bénéficier d’une place dans quelques relations que ce soit, ne s’engage que mollement ou pas du tout dans ses relations sentimentales. Et Mr C., ayant une conviction inconsciente de ne pas mériter de place au sein d’une relation privilégiée, achète en quelque sorte une assurance par le biais de son gadget électronique de surveillance. Engagé dans la relation, il la pressent comme à court terme, ce qui l’amène à désirer détecter les éventuels signes avant-coureur d’une trahison …

L’avantage de l’induction est qu’elle ouvre et fait progresser la connaissance, la conscience. L’avantage de la déduction est qu’elle ouvre et fait progresser le champ d’expérimentations et d’applications. Avec l’induction, nous mettons à jour de nouvelles réalités, de nouvelles lois, avec la déduction de nouvelles applications de celles-ci.
La découverte de ces nouvelles réalités, plus abstraites, ne les a pas fait naître. C’est un processus d’élargissement des connaissances qui nous les fait comprendre.

C’est le processus moult fois constaté des “vraies” découvertes: soit il s’agit d’un nouveau champ d’application et, en fait, ceci se décline plutôt en terme de conséquence de la “vraie” découverte antérieure, soit il s’agit réellement d’un accroissement de la conscience collective via une découverte, qui ne manquera pas, ultérieurement, d’avoir un débouché dans différents domaines. Le moment de la découverte est toujours fortuit, dû au “hasard”. Un peu comme si le “collectif” délègue à “l’individuel” une prise de conscience, un rendez-vous avec une facette de la réalité, jusque-là non entrevue.

L’induction demande une grande capacité d’observation, une pleine attention aux choses, une liberté intellectuelle, mentale afin de ne se priver d’aucun élément. L’induction est finalement un mouvement très proche de la méditation : une hyper attention sans intention, un relatif silence mental (l’acquis, le passé) et une attitude d’ouverture. Sitôt qu’une intention se glisse dans l’observation, elle vient court-circuiter le processus par le rejet, par le tri de ce qui ne rentre pas dans le cadre de l’intention donnée, par une influence déterminante sur la chose observée. L’intention est souvent la meilleure manière subtile de se priver des élargissements inopinés de la conscience.

Donc, grande attention, observation, pour l’astrologie, tant des phénomènes humains, psychologiques, de santé, de pensée, etc. que des phénomènes sociaux, politiques, économiques, environnementaux, climatologiques, …
A la base? Une grande attention pour les phénomènes célestes, leur mécanisme, leur rythme. De cette connaissance approfondie résultant de l’observation du ciel, de la “mécanique céleste”, nous pouvons comprendre une symbolique, au-delà des mécanismes ou des phénomènes décrits en astronomie.
Et tout l’art de l’astrologue sera d’en saisir l’essence pour donner à ce symbole tout son champ d’action dans l’interprétation. Parce que « ce qui est en Haut, est comme ce qui est en Bas ».
Les processus observés (mécaniques célestes) conduisent à l’avènement d’une nouvelle compréhension (loi). Le mécanisme n’est plus vu en tant que tel mais en tant qu’expression.
D’où surgit le symbolisme, abstrait, multiple en application. Et ce symbolisme, nous le retrouverons dans les écrits anciens, dans des récits fabuleux, dans les contes, dans les mythologies, en astrologie. Il est utilisé en association avec notamment le mouvement déductif. Parce que le symbole nous raconte ceci d’en “Haut”, qu’en est-il de cela concrètement en “Bas” ?
Le symbole est une synthèse, un aboutissement de la pensée synthétique, d’où repart le mouvement de la pensée en mode déductif, analogique, etc. Le symbole, dans cette compréhension-ci, fait alors aller de l’unique au multiple.

L’analogie est omniprésente dans l’art astrologique. C’est le fait de trouver certains points communs entre des choses différentes. Elle est tant utilisée dans l’induction que la déduction. Dans l’induction, c’est le mécanisme même de l’analogie qui accélère le discernement de ce qu’il y a en commun, et dans le processus de la déduction, elle opère aussi, permettant une investigation ciblée des nouveaux champs d’application. Son mouvement pourrait se symboliser cette fois comme horizontal, créant des liens entre choses, de niveaux identiques ou différents.

En astrologie, le clavier symbolique est constitué de planètes, de signes et de maisons et ensuite de toutes les associations entre eux. L’analogie y est omniprésente. Entre la nombrologie et l’étude des aspects astrologiques, entre la mythologie et les caractéristiques planétaires, …
Tout est en lien, quantité de choses répondent ou résonnent à de mêmes réalités originelles, répondant à de mêmes lois, et sont pourtant bien différentes en aspect comme en finalité.

Reprenons l’exemple de l’énurésie et de la cystite.
L’astrologie médicale considère ces deux pathologies comme découlant d’une même problématique relevant de l’axe Ascendant-Descendant, axe relationnel entre “moi” (l’Ascendant) et “les autres” (le Descendant). La maison de l’Ascendant, dite Maison I, est en analogie avec le Bélier, la maison du Descendant, dite maison VII, en analogie avec la Balance, zone anatomique des reins et du système urinaire. Ces deux maisons sont aussi en analogie respectivement avec Mars et Vénus. Mars, l’affirmation de soi, la défense de son territoire (entre autre) et Vénus, les sentiments, le choix (entre autre également). Des pathologies comme l’énurésie ou la cystite connaissent toujours à l’origine une question d’affirmation de soi et de défense du territoire, de relation perturbée avec l’autre compte tenu d’une affirmation difficile. Pour la cystite, pendant la période d’agression de “l’autre”, la paroi de la vessie est atteinte et ce n’est qu’ensuite, après donc cette période, que la réparation s’entame provoquant les douleurs, et c’est spécifiquement cette période qui est considérée comme la maladie alors que c’est une période de réparation. Si cette question d’affirmation de soi est problématique et que cela se passe dans la région de la Vierge, ce seront possiblement des soucis au niveau de la vésicule biliaire qui se produiront, mais pour cet exemple, c’est la région anatomique de l’axe Bélier-Balance qui est touchée.
Le mouvement de pensée de l’analogie nous apparaît bien comme horizontal: une même origine peut connaître des répercussions différentes.
Ainsi, toute la littérature autour du sens des maladies se basent principalement sur cette grille spécifique de l’astrologie. Ce clavier symbolique est bien antérieur aux investigations de la médecine psychosomatique.

 

Enfin, l’intuition. Plus rapide que tout autre mécanisme (réflexion, association de pensées, émotions, …) elle s’annonce, mais est bien souvent inaudible au milieu du brouhaha mental. Cette intuition est très précieuse, et le fruit d’un dialogue, non ou peu conscient la plupart du temps, entre notre double spirituel et nous-mêmes. Je détaille cela dans un autre article.

En être conscient amène une disposition intérieure, l’intuitivité, un contexte où le mental ne saurait jouer le moindre rôle. Cette intuitivité ou intelligence intuitive sert beaucoup dans le processus des interprétations en astrologie. Rendons-nous compte qu’avec les 12 signes, 12 maisons, 10 planètes, une vingtaine d’aspects possibles, des points fictifs, des progressions symboliques, des transits, etc., les configurations de thèmes amènent à une infinité de constats. L’exhaustivité des commentaires dans une interprétation est une pure illusion, et de surcroît de parfaite inutilité.
Et pourtant, dans une unité de temps et d’espace, dans ” l’ici et maintenant ” d’une préparation de consultation, seules quelques informations sont pertinentes et susciteront probablement, lors de la consultation, l’élargissement attendu de la conscience …
Le mouvement ici n’est ni vertical ni horizontal, mais part du croisement de ces deux lignes, du point central de l’être, de l’espace du cœur, hors champs de réflexion. Il ne répond pas comme les autres à une question de temps, il est fulgurant, il est audible ou il ne l’est pas, mais n’est jamais lié au temps. Sitôt réception faite de l’information intuitive, le mental peut ensuite s’en emparer, abonder dans son sens, comme trouver les arguments mentaux nécessaires pour la crédibiliser ou la décrédibiliser, mais ceci est d’un autre registre ….

 

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